reportage
Activités des militaires du bataillon français de la KFOR (Kosovo force) en ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine) et au Kosovo du 1er mai au 28 juin 1999.
Activités des militaires du bataillon français de la KFOR (Kosovo force) en ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine) et au Kosovo au printemps 1999.
B01 - Le 1er mai, visite de Lionel Jospin, premier ministre français, en ERYM. Il visite le camp de Stenkovac situé à 7 km au nord de Skopje, construit par le Génie français et s'entretient avec des pompiers de Marseille. Un poste médical avancé est tenu par la sécurité civile et assure les premiers soins aux réfugiés.
Après avoir accueilli Lionel Jospin à Kumanovo au camp Airfield de l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre), le général Valentin fait un briefing à la délégation. Lionel Jospin s'entretient avec quelques militaires du service du matériel, de l'ALAT, des troupes aéroportées, sous l'oeil des cameras.
B02 - Le 2 mai au camp de réfugiés de Stenkovac. Présents depuis plus d'un mois sur le camp, les marsouins du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) ont des contacts privilégiés avec les réfugiés, à l'image du 2e classe Champigny qui circule dans le camp entouré d'une nuée d'enfants, cherchant le contact rassurant des français tout en essayant d'apprendre quelques mots de français. Le 21e RIMa est chargé de la surveillance du camp de Stenkovac. Ce camp est devenu relativement calme et organisé.
Moyens de transmissions . Une équipe de deux transmetteurs est installée depuis les premières arrivées de réfugiés, le 2 avril 1999. Ils ont participé au montage des tentes en urgence. Etant les seuls à avoir de l'électricité sur le site, ils ont donné un sérieux coup de main aux ONG (organisations non gouvernementales). Le centre de transmissions de Stenkovac est équipé de deux stations Inmarsat B, seuls moyens de communication avec l'extérieur. Le caporal-chef Bertaux vient d'arriver et sera chargé du bon fonctionnement des stations Inmarsat B. L'Inmarsat kaki fait partie du système Spartacus et peut transmettre en codé.
B03 - Le 3 mai, portrait du général de division Valentin qui vient d'être promu.
B04 - Le 4 mai, au camp de réfugiés de Stenkovac. Le Génie français représenté par le 17e RGP (Régiment du Génie Parachutiste), abat un travail phénoménal depuis l'arrivée des réfugiés. Sans interruption depuis un mois, à l'aide de leurs engins de terrassement, ils font des terrains de football, de nouveaux chemins, des plates-formes pour recevoir les nouveaux réfugiés qui affluent sans arrêt depuis quelques jours. Un poste avancé d'aide médicale est tenu par la sécurité civile et assure les premiers soins aux réfugiés dans le camp de Stenkovac. Portraits de J.-B. Auque avec des membres de l'ESCRIM (élément de sécurité civile rapide d'intervention médicale) et un colonel des sapeurs-pompiers.
B05 - Le 8 mai, mission de surveillance du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) et emploi des missiles Eryx et Milan. Simulateur d'entraînement en oeuvre sous bâche avec tir Milan sur cible fictive. Système Milan équipé d'une lunette Mira avec son tireur. Binôme de tireurs marsouins avec béret puis casque et gilet pare-balles s'entraînant sur un Eryx, soit en position couchée, soit avec Eryx à l'épaule.
B06 - Le 9 mai, au poste d'observation "Lima Unité", situé à 2,5 km de la frontière du Kosovo, dont l'activation est réalisée 24 h sur 24 h par le personnel du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) afin de contrôler les axes probables de raids serbes sur l'ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine). Des éléments du 1er REC (Régiment Etranger de Cavalerie) sont stationnés sur le site en prépositionnement pour intervenir immédiatement afin de ralentir la progression ennemie, appuyés par des hélicoptères italiens et des bombardements de la chasse alliée. Le poste d'observation Milan avec caméra thermique Mira du 21e RIMa est composé d'un tireur, d'un pourvoyeur et d'un chef de groupe, protégé par une fortification de campagne.
Le système de renseignement français se sert des images prises par le drône CL289. Ce drône est un missile équipé de caméras, qui est programmé par avance à l'aide d'un MIP. Il vole à une vitesse de 700 km/heure et à une altitude moyenne de 120 mètres. Il est capable d'envoyer des images en temps réel jusqu'à 70 km, sa durée de vol est programmée selon sa mission. Sa récupération se fait pratiquement sur son aire de lancer à l'aide de parachutes et de coussins gonflables. Le 4e RA (régiment d'artillerie) de Nevers est chargé de sa mise en oeuvre et de son exploitation en ERYM. Le camion lanceur (atelier technique mobile et shelter) est en position. L'antenne de réception en temps réel du système drône n'est déployée depuis l'atelier technique mobile qu'au moment du tir. Le lancement du drône CL289 est effectué puis récupération. Dans un shelter approprié (atelier technique mobile), après développement des films récupérés sur le drône, l'exploitation photographique est effectuée par des spécialistes (un sergent du 4e RA) à l'aide d'une jumelle à vision stéréoscopique.
B07 - Le 13 mai, exploitation et mise en oeuvre des drônes Crécerelle par le 7e RA (régiment d'artillerie) de Nevers basé à Kraste en ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine). Les capitaines Randreau et Sejalon du 7e RA (régiment d'artillerie) préparent leur mission d'ordre et de recherche de renseignements par Crécerelle sur carte au CMO (centre de mise en oeuvre renseignement). Mise en oeuvre du drône avec check-list et mise sur rail. Lancement du drône Crécerelle depuis son shelter. Le shelter d'exploitation des images en temps réel avec son antenne déployée. Ouverture du parachute et récupération du drône Crécerelle. Evaluation de la mission au TOC (tactical operation center) par les officiers et le général Valentin.
Le drône Crécerelle permet l'acquisition de renseignements en temps réel, de jour comme de nuit. Il peut être inséré dans un dispositif car il ne nécessite pas de gros moyens de mise en oeuvre. Il permet aux responsables de cellule d'avoir des renseignements très précis pour leur mission. Crécerelle vole à une altitude variant de 300 à 2000 m, à une vitesse de 250 km/h. Ce missile est radioguidé, propulsé par un moteur à explosion et une hélice. Sa récupération se fait sur une zone très précise à l'aide d'un parachute. Suite à une reconnaissance terrestre, le TOC décide d'envoyer un drône Crécerelle ou CL 289 pour confirmation des premières informations de position de batteries ennemies. La demande de renseignements va ensuite au CMO, où est préparé l'ordre de recherche de renseignements par Crécerelle. Cette préparation est ensuite validée par le responsable de la cellule, le lieutenant-colonel Vieville du 7e RA. Le document passe par les mains du DL Riom (détachement de liaison du renseignement d'origine imagerie) pour en assurer la faisabilité. Si tout fonctionne, l'équipe de mise en oeuvre du Crécerelle est actionnée. En 2h30, le drône est prêt à être lancé de son pas de tir à Kraste, à quelques kilomètres de Kumanovo. Pendant le vol, la station d'exploitation des images en temps réel est en pleine action. Dans l'heure qui suit le départ, le commandement est en mesure de confirmer si des positions ennemies sont bien présentes ou si un mouvement de troupe est en cours.
B08 - Le 14 mai, distribution de fournitures scolaires par des militaires des troupes aéroportées en ACM (actions civilo-militaires) dans un camp de réfugiés avec l'UNICEF (United Nations International Children's Emergency Fund).
B09 - Le 15 mai, installation d'un bivouac du groupe RATAC (radar d'artillerie de tir en campagne). Le 3e escadron du 1er RHP (Régiment de hussards parachutistes) de Tarbes composé d'une centaine de personnes, est stationné sur Airfield, au nord de Kumanovo. Directement sous les ordres de la brigade française, le chef d'escadron de Pous a une mission particulière. Dès leur arrivée, les hommes du 1er RHP se sont retrouvés à surveiller et renseigner le HQ (quartier général) sur les mouvements de matériels et humains sur des positions situées à quelques centaines de mètres de la frontière du Kosovo, au nord de Kumanovo. Depuis le retrait des américains de la zone nord-est de l'ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine) des postes de surveillance ont été mis en action par le 1er RHP. Ces postes situés sur des positions hautes à 7 km de la frontière du Kosovo, permettent d'observer tous les axes routiers par lesquels l'armée serbe pourrait tenter une offensive éclair. Trois postes sont activés. Les pelotons passent des périodes de 48 heures sur zone, puis reviennent sur Airfield pendant 24 heures pour se remettre en condition. Equipés de deux VBL (véhicule blindé léger) Milan, d'un VBL SOA (sous-officier adjoint), les hommes du 1er RHP assurent aussi la protection d'un groupe RATAC. Une permanence d'observation par tranche d'une heure est effectuée avec les caméras Mira des Milan. Tout déplacement de matériel ou de personnel fait l'objet d'un compte-rendu du guetteur à son chef de peloton. Sur décision du chef de peloton, une patrouille de VBL peut être déclenchée. Cette patrouille ne peut rentrer dans un périmètre inférieur à 2 km de la frontière. Elle servira à renseigner avec plus de précision les différents mouvements dans leur secteur. Le VAB (véhicule de l'avant blindé) RATAC, quant à lui, peut détecter des mouvements de jour comme de nuit, jusqu'à 25 km.
B10 - Le 16 mai, départ d'une patrouille de VBL (Véhicule blindé léger) avec le 1er RHP (Régiment de Hussards Parachutistes) de Tarbes depuis le poste nord (côte 574) à la frontière du Kosovo près de Kumanovo. Sur décision du chef de peloton, une patrouille de VBL peut être déclenchée. Cette patrouille ne peut rentrer dans un périmètre inférieur à 2 km de la frontière. Elle servira à renseigner avec plus de précision les différents mouvements dans leur secteur.
B11 - Le 20 mai, sur le tarmac de l'aéroport de Skopje, avant de rejoindre l'aérogare le général Valentin, commandant la brigade française vient accueillir son successeur, le général Cuche arrivant de la 2e DB (Division blindée) qui à partir du 29 mai le remplacera officiellement.
Poste de tir et d'observation Mistral en configuration opérationnelle à Airfield positionné sur le toit de l'aérogare de l'aéroport de Skopje. C'est un missile sol-air d'une portée minimale de 600m et maximum de 5000m. Il est guidé par rayon laser émis par le tireur ou directement par la station radar Samanta.
B12 - Le 21 mai, prises de vues aériennes des bases françaises en ERYM (ex-republique yougoslave de Macédoine). Région de Matjece : camp du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) et PC Trans (poste de commandement des transmissions), Airfield, Karpov, HQ (quartier général) de la brigade française, zone logistique française, préparation du lancement d'un drône Crécerelle au camp de Craste, campement militaire de Kuba hôtel, camp militaire de Ludes du 1er REC (régiment étranger de cavalerie) et 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine). Camps de réfugiés de Brazda et Stenkovak.
B13 - Le 23 mai, sur le site d'Airfield sont stationnés les éléments du GIFS (groupement interarmées des forces spéciales, anciennement COS - commandement des opérations spéciales) depuis une quinzaine de jours. Composé des hommes des commandos marine Hubert, de Monfort, du 8e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine) et du CPA 10 (commandos parachutistes de l'air). Sous tentes, ces hommes ne connaissent pas la durée de leur mandat. Sur demande du commandement, leur arrivée a pour but de sécuriser les postes de garde français sujets au terrorisme local. Dans un second temps, leur mission est d'effectuer des patrouilles en P4, de jour et surtout de nuit dans le centre de Kumanovo et dans ses environs. Le contact avec la population rentre dans le cadre de leurs missions. La mission est entrecoupé de quelques séances d'entraînement de commandos héliportés, en collaboration avec l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre). Exercice de corde lisse depuis un hélicoptère Puma, qui permet d'investir une zone difficile d'accès, et de la sécuriser à l'aide de commandos.
B14 - Le 24 mai, entraînement sur Airfield du GIFS (groupement interarmées des forces spéciales, anciennement COS - commandement des opérations spéciales) avec des Super Frelon venus spécialement du Foch. L'exercice de grappe a pour but d'extraire des éléments amis d'un milieu hostile, après avoir sécurisé la zone proche avec des commandos descendus en corde lisse. Pendant que la grappe se forme et s'élève dans le ciel, un deuxième appareil, porte ouverte, assure la protection feu de la grappe, à l'aide de deux commandos armés.
B15 - Le 29 mai, le lieutenant-colonel Passedroit, le capitaine Deniau et l'adjudant-chef Vayssières devant les deux stations Horizon au sol à Pétrovec gardés par les fusiliers commandos de l'air..
Pour se renseigner, la France possède des drônes et le système "Horizon" qui vient juste d'être validé.Horizon est un système de radar de surveillance héliporté. Dans un Cougar est mise en oeuvre une technologie de pointe, qui permet grâce à un radar doppler d'envoyer des images en temps réel sur des stations d'exploitation au sol. Après un traitement informatisé les informations sont envoyées au CAOC (combined air operations centre - centre multinational d'opérations aériennes) de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) de Vicenza en Italie, le tout en moins de 2 secondes. Le but de ce système est de reconnaître tout mouvement terrestre ou aérien dans un rayon de 150 km autour de l'hélicoptère en vol. Le personnel appartenant à l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre)est renforcé par une équipe de contrôleurs de l'armée de l'air. Le lieutenant-colonel Passedroit dirige les équipes que l'OTAN sollicite souvent, leur présence étant devenue indispensable pour une bonne couverture de surveillance de la zone.
B16 - Le 9 juin, interview du général Cuche, commandant de la brigade française, par des journalistes français et macédoniens.
B17 - Le 11 juin, visite du ministre de la Défense française Alain Richard aux forces françaises stationnées à Kumanovo. Le ministre de la défense et Jean-Pierre Masseret, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, sont reçus par le général Cuche, commandant de la brigade française, ainsi que M. Bureau, chef de la DICOD. Le 3e RPIMa (Régiment de parachutistes d'infanterie de marine) stationné à Carcassonne est présent sur le site d'Airfield depuis trois jours. La veille de leur héliportage sur Gnjilane (à 20 km au sud-est de Pristina), le ministre de la Défense est venu les encourager dans leur délicate mission de sécurisation du Kosovo, afin que les réfugiés albanais puissent y revenir.
B18 - Le 12 juin a eu lieu une opération héliportée sur le Kosovo en coopération avec l'armée britannique. Dix-sept Puma de l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre), stationnés à Airfield près de Kumanovo, emportent à leur bord dix personnels du 3e RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine) et quelques éléments de la légion étrangère, en deux vagues espacées de trente minutes. Ces hommes vont sécuriser l'axe menant à Gnjilane (à 20 km sud-est de Pristina) au Kosovo. En effet, au sud de cette ville, les colonnes de blindés français qui sont entrées au Kosovo le matin même ont été fortement ralenties par des mines. Elles ont également rencontré une population hostile. Le décollage a eu lieu à 17 h 50. Le retour, après les dernières vagues, a eu lieu à 18 h 50. Le lendemain, les éléments héliportés vont attendre le passage des blindés du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) pour se replier en hélicoptère. Les convois routiers français ont prévu de stationner à Gnjilane pendant quelques jours avant d'aller prendre position à Titova Mitrovica (à 20 km au nord-ouest de Pristina) dès le feu vert du commandement de la KFOR (Kosovo Force).
B19 - Le 15 juin, débarquement des chars Leclerc à Thessalonique. Le TCD (Transport de chalands de débarquement) "Siroco" accoste dans le port de Thessalonique en Grèce. Après quelques problèmes avec le responsable de la zone portuaire, le TCD français peut effectuer sa livraison de 15 chars Leclerc, avec leurs porte-chars vers 17 h 00. Ces chars font partie du 2e échelon. Ils rejoindront rapidement le Kosovo, en renfort des troupes françaises. Leur sortie s'est effectuée dans l'ordre suivant : 3 chars puis 3 porte-chars, etc. Ils attendront en ZRA (zone de regroupement et d'attente) sur le port, en attendant l'ordre du départ vers l'ERYM (ex république yougoslave de Macédoine) puis le Kosovo. Ce sont des éléments du 501/503e RCC (Régiment de chars de combat.) stationnés à Mourmelon.
B20 - Le 16 juin, l'élément Guépard du 3e RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine), stationné à Airfield (Kumanovo) est héliporté d'urgence à 10 km au sud-est de Titova Mitrovica (futur emplacement du quartier général de la brigade française de la KFOR - Kosovo Force).
En effet, la situation est très tendue entre les serbes et les albanais. La présence française a deux objectifs. Le premier est de sécuriser l'axe nord de la ville de Vucitrn par lequel les convois du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) doivent arriver pour rejoindre Mitrovica. Le deuxième est de rassurer les populations et de faire baisser la tension. Près de Vucitrn les habitants serbes fuyant le retour des réfugiés albanais incendient leurs habitations. Avec l'arrivée des forces de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), les serbes du Kosovo qui redoutent le retour des albanais préfèrent quitter leur pays en laissant leurs habitations.
B21 - Le 17 juin, OHP (opération héliportée) de militaires du RMT (régiment de marche du Tchad) depuis Airfield sur Mitrovica au Kosovo. Après 30 minutes de vol, les hommes sont débarqués dans une ancienne caserne de l'armée serbe, en centre-ville. Leur mission est de sécuriser la ville de Mitrovica. Ils appartiennent au renfort Guépard avec le 3e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine). Les militaires serbes ont encore une journée pour évacuer la zone nord du Kosovo, qui est attribuée à la brigade française. L'arrivée des troupes françaises de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), avec une journée d'avance sur le programme, était devenue essentielle en raison de la montée de la violence entre les serbes et les albanais. La force d'interposition est mise en place à la demande des plus hautes autorités militaires de l'OTAN. Les serbes du Kosovo craignant des représailles rejoignent la Serbie. Les albanais de Mitrovica sont enchantés de l'arrivée des troupes de l'OTAN et en particulier des français. Toutefois, l'entrée des forces de l'OTAN dans la ville ne les empêche pas de piller un dépôt d'aide humanitaire des ONG (organisation non gouvernementale). La manifestation bon enfant dans la rue est ponctuée par des slogans " OTAN - UCK " (Armée de libération du Kosovo). Les troupes françaises ont déjà sécurisé les principaux axes de la ville.
Après être arrivés le 15 juin en Grèce, les 15 chars Leclerc transportant 150 militaires du 501/503e RCC (Régiment de chars de combat) de Mourmelon arrivent à Mitrovica. Leur mission est de sécuriser la zone impartie à la brigade française, afin d'assurer le retour des réfugiés du Kosovo. L'entrée massive des 15 chars a aussi un but dissuasif. Les Leclerc prennent position dans les rues de Mitrovica, sur l'axe nord-sud (vers Pristina) remplaçant les AMX-10 RC des spahis. La ville de Mitrovica est complètement détruite et pillée.
B22 - Le 19 juin, différentes patrouilles du COS (commandement des opérations spéciales), du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) et du 3e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine) ont lieu dans Mitrovica.
A Mitrovica, le 21e RIMa a pris position aux intersections de la ville pour y contrôler les passages d'éléments armés. Sa mission est de sécuriser la zone et de vérifier le départ des militaires serbes. La date butoir de retrait des troupes serbes est fixée au 20 juin, selon les accords de Kumanovo (ERYM, ex-république yougoslave de Macédoine) du 9 juin 1999. Des règlements de compte entre albanais et serbes, dont certains entre maffieux, s'aggravent. Des serbes sont dépouillés, voire assassinés, lors d'actions armées non contrôlées. Des évacuations de ressortissants serbes sont conduites sous le contrôle des militaires français. Les témoignages locaux parlent d'exactions dans la ville et sa banlieue. Le COS, le 3e RPIMa, le 21e RIMa patrouillent à pied, en voiture et en hélicoptère, prêts à intervenir. Les rapports entre les habitants et les militaires français sont stables et amicaux pour l'instant.
B23 (voir aussi B12) - Le 21 juin, prises de vues aériennes en ERYM (ex-republique yougoslave de Macédoine) : campement militaire de Kuba Hôtel près de Kumanovo, de Karpov, d'Airfield, de Matjece, de Craste : préparation du lancement d'un drône Crécerelle ; camp de réfugiés de Stenkovac.
B24 - Le 22 juin, prises de vues aériennes de Mitrovica
B25 - Le 23 juin, visite d'Alain Richard, ministre de la Défense français aux troupes françaises stationnées au Kosovo, plus précisément à Mitrovica.
B26 - Le 24 juin, découverte et protection de charniers ainsi que collecte du renseignement par les militaires français. A Kronjsko (à 3 km au sud de Srbica et à 15 km au sud-ouest de Mitrovica), trois charniers sont à confirmer après les témoignages de locaux. Une équipe du 6e REG (régiment étranger du génie), du 1er REC (régiment étranger de cavalerie), des personnels du 501/503e RCC (régiment de chars de combat), deux prévôts et un médecin sont venus reconnaître les lieux. Un rapport sera fait par la prévôté, appuyé par le médecin militaire qui sera ensuite transmis au bureau du TPI (tribunal pénal international).
Les militaires ne sont pas compétents pour exhumer des corps ou faire des prélèvements. Les faits seuls seront notés sur le PV (procès verbal) des OPJ (officier de police judiciaire) français. Des traces de terre fraîchement retournée et des témoignages amèneront les militaires français à venir constater. Le TPI dépêchera ensuite des médecins légistes et des personnes assermentées pour instruire le dossier pour crimes contre l'humanité et génocide contre Slobodan Milosevic et son gouvernement.
B27 - Le 25 juin (?), mise en place de points de contrôle routiers entre deux chars AMX Leclerc au Kosovo : fouilles des véhicules civils et contrôle des piétons.
B28 - Le 26 juin, arrivée d'une délégation au QG (quartier général) de la brigade Leclerc : Sergio Vera de Mello (Brésil), représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Hakim Thaci, représentant politique UCK (Armée de libération du Kosovo) et le général Cuche, commandant de la brigade française. La délégation de l'UCK est composée de Hakim Thaci, représentant politique UCK et du général Ramon Rama.
Sergio Vera de Mello, Hakim Thaci, représentant politique UCK, le premier ministre du gouvernement provisoire du Kosovo, le représentant de l'UCK de Mitrovica et le général Thomann (représentant français) sont arrivés au QG (quartier général) de la brigade Leclerc, accueillis par le général Cuche, commandant de la brigade française, pour une réunion de travail. A la suite, Hakim Thaci a demandé à voir l'hôpital situé au nord de Mitrovica. Les autorités y ont rencontré les responsables et les infirmiers albanais.
Pendant ce temps une manifestation albanaise se forme côté sud. Les habitants albanais demandent la libre circulation dans toute la ville afin de pouvoir accéder à toutes les commodités.
B29 - Le 28 juin, dans un petit village de montagne, l'UCK (armée de libération du Kosovo) remet aux forces de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) une partie des armes lourdes de la zone. Une escorte sera mise en place pour l'acheminement des armes.
A compter du 21 juin 1999, les troupes armées de l'UCK (armée de libération du Kosovo) avaient dix jours pour restituer à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) leurs armes d'un calibre supérieur à 12,7mm. Avant la date limite, l'UCK rend des armes lourdes dans la zone française. A Vucitrn et ses environs, le colonel de Villiers, chef de corps du 501e/503e RCC (régiment de chars de combat), reçoit des mains du responsable local de l'UCK un dépôt d'armes qui sera stocké à Plana (entre Vucitrn et Mitrovica). Ces armes ont été récupérées dans les collines avoisinantes. Quelques RPG7 (lance-roquette antichar), des mitrailleuses, des lance-grenades et autres armes lourdes ont été acheminées par des militaires ou escortées jusqu'à Plana.
Les enquêteurs du TPI effectuent des fouilles sur le charnier d'Izbica. Le site des recherches est surveillé et protégé par des militaires du 501/503e RCC(régiment de chars de combat) basés à Vucitrn. A la suite d'exactions commises par les serbes, le TPI (tribunal pénal international) a été saisi. Plusieurs charniers ont été découverts par les militaires français dans leur zone. Aprés avoir rédigé puis transmis un PV (procès verbal) au TPI, les enquêteurs du tribunal, représentant plusieurs nations, font des recherches sur les conditions et les lieux des exactions, ainsi que des fouilles à la recherche de corps humains. Venu de Lyon, M. Gaillardon, commissaire de police, est volontaire pour une mission de deux mois au Kosovo. Pour les besoins de son enquête il travaille avec l'armée française. Des photos aériennes des sites avec les hélicoptères de l'ALAT (aviation légère de l'armée de terre) sont effectuées. Les militaires ont aussi à leur charge la protection des personnels du TPI pendant leur enquête.
Reportage existant aussi en argentique : voir référence 01 99 177 .
B01 - Le 1er mai, visite de Lionel Jospin, premier ministre français, en ERYM. Il visite le camp de Stenkovac situé à 7 km au nord de Skopje, construit par le Génie français et s'entretient avec des pompiers de Marseille. Un poste médical avancé est tenu par la sécurité civile et assure les premiers soins aux réfugiés.
Après avoir accueilli Lionel Jospin à Kumanovo au camp Airfield de l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre), le général Valentin fait un briefing à la délégation. Lionel Jospin s'entretient avec quelques militaires du service du matériel, de l'ALAT, des troupes aéroportées, sous l'oeil des cameras.
B02 - Le 2 mai au camp de réfugiés de Stenkovac. Présents depuis plus d'un mois sur le camp, les marsouins du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) ont des contacts privilégiés avec les réfugiés, à l'image du 2e classe Champigny qui circule dans le camp entouré d'une nuée d'enfants, cherchant le contact rassurant des français tout en essayant d'apprendre quelques mots de français. Le 21e RIMa est chargé de la surveillance du camp de Stenkovac. Ce camp est devenu relativement calme et organisé.
Moyens de transmissions . Une équipe de deux transmetteurs est installée depuis les premières arrivées de réfugiés, le 2 avril 1999. Ils ont participé au montage des tentes en urgence. Etant les seuls à avoir de l'électricité sur le site, ils ont donné un sérieux coup de main aux ONG (organisations non gouvernementales). Le centre de transmissions de Stenkovac est équipé de deux stations Inmarsat B, seuls moyens de communication avec l'extérieur. Le caporal-chef Bertaux vient d'arriver et sera chargé du bon fonctionnement des stations Inmarsat B. L'Inmarsat kaki fait partie du système Spartacus et peut transmettre en codé.
B03 - Le 3 mai, portrait du général de division Valentin qui vient d'être promu.
B04 - Le 4 mai, au camp de réfugiés de Stenkovac. Le Génie français représenté par le 17e RGP (Régiment du Génie Parachutiste), abat un travail phénoménal depuis l'arrivée des réfugiés. Sans interruption depuis un mois, à l'aide de leurs engins de terrassement, ils font des terrains de football, de nouveaux chemins, des plates-formes pour recevoir les nouveaux réfugiés qui affluent sans arrêt depuis quelques jours. Un poste avancé d'aide médicale est tenu par la sécurité civile et assure les premiers soins aux réfugiés dans le camp de Stenkovac. Portraits de J.-B. Auque avec des membres de l'ESCRIM (élément de sécurité civile rapide d'intervention médicale) et un colonel des sapeurs-pompiers.
B05 - Le 8 mai, mission de surveillance du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) et emploi des missiles Eryx et Milan. Simulateur d'entraînement en oeuvre sous bâche avec tir Milan sur cible fictive. Système Milan équipé d'une lunette Mira avec son tireur. Binôme de tireurs marsouins avec béret puis casque et gilet pare-balles s'entraînant sur un Eryx, soit en position couchée, soit avec Eryx à l'épaule.
B06 - Le 9 mai, au poste d'observation "Lima Unité", situé à 2,5 km de la frontière du Kosovo, dont l'activation est réalisée 24 h sur 24 h par le personnel du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) afin de contrôler les axes probables de raids serbes sur l'ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine). Des éléments du 1er REC (Régiment Etranger de Cavalerie) sont stationnés sur le site en prépositionnement pour intervenir immédiatement afin de ralentir la progression ennemie, appuyés par des hélicoptères italiens et des bombardements de la chasse alliée. Le poste d'observation Milan avec caméra thermique Mira du 21e RIMa est composé d'un tireur, d'un pourvoyeur et d'un chef de groupe, protégé par une fortification de campagne.
Le système de renseignement français se sert des images prises par le drône CL289. Ce drône est un missile équipé de caméras, qui est programmé par avance à l'aide d'un MIP. Il vole à une vitesse de 700 km/heure et à une altitude moyenne de 120 mètres. Il est capable d'envoyer des images en temps réel jusqu'à 70 km, sa durée de vol est programmée selon sa mission. Sa récupération se fait pratiquement sur son aire de lancer à l'aide de parachutes et de coussins gonflables. Le 4e RA (régiment d'artillerie) de Nevers est chargé de sa mise en oeuvre et de son exploitation en ERYM. Le camion lanceur (atelier technique mobile et shelter) est en position. L'antenne de réception en temps réel du système drône n'est déployée depuis l'atelier technique mobile qu'au moment du tir. Le lancement du drône CL289 est effectué puis récupération. Dans un shelter approprié (atelier technique mobile), après développement des films récupérés sur le drône, l'exploitation photographique est effectuée par des spécialistes (un sergent du 4e RA) à l'aide d'une jumelle à vision stéréoscopique.
B07 - Le 13 mai, exploitation et mise en oeuvre des drônes Crécerelle par le 7e RA (régiment d'artillerie) de Nevers basé à Kraste en ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine). Les capitaines Randreau et Sejalon du 7e RA (régiment d'artillerie) préparent leur mission d'ordre et de recherche de renseignements par Crécerelle sur carte au CMO (centre de mise en oeuvre renseignement). Mise en oeuvre du drône avec check-list et mise sur rail. Lancement du drône Crécerelle depuis son shelter. Le shelter d'exploitation des images en temps réel avec son antenne déployée. Ouverture du parachute et récupération du drône Crécerelle. Evaluation de la mission au TOC (tactical operation center) par les officiers et le général Valentin.
Le drône Crécerelle permet l'acquisition de renseignements en temps réel, de jour comme de nuit. Il peut être inséré dans un dispositif car il ne nécessite pas de gros moyens de mise en oeuvre. Il permet aux responsables de cellule d'avoir des renseignements très précis pour leur mission. Crécerelle vole à une altitude variant de 300 à 2000 m, à une vitesse de 250 km/h. Ce missile est radioguidé, propulsé par un moteur à explosion et une hélice. Sa récupération se fait sur une zone très précise à l'aide d'un parachute. Suite à une reconnaissance terrestre, le TOC décide d'envoyer un drône Crécerelle ou CL 289 pour confirmation des premières informations de position de batteries ennemies. La demande de renseignements va ensuite au CMO, où est préparé l'ordre de recherche de renseignements par Crécerelle. Cette préparation est ensuite validée par le responsable de la cellule, le lieutenant-colonel Vieville du 7e RA. Le document passe par les mains du DL Riom (détachement de liaison du renseignement d'origine imagerie) pour en assurer la faisabilité. Si tout fonctionne, l'équipe de mise en oeuvre du Crécerelle est actionnée. En 2h30, le drône est prêt à être lancé de son pas de tir à Kraste, à quelques kilomètres de Kumanovo. Pendant le vol, la station d'exploitation des images en temps réel est en pleine action. Dans l'heure qui suit le départ, le commandement est en mesure de confirmer si des positions ennemies sont bien présentes ou si un mouvement de troupe est en cours.
B08 - Le 14 mai, distribution de fournitures scolaires par des militaires des troupes aéroportées en ACM (actions civilo-militaires) dans un camp de réfugiés avec l'UNICEF (United Nations International Children's Emergency Fund).
B09 - Le 15 mai, installation d'un bivouac du groupe RATAC (radar d'artillerie de tir en campagne). Le 3e escadron du 1er RHP (Régiment de hussards parachutistes) de Tarbes composé d'une centaine de personnes, est stationné sur Airfield, au nord de Kumanovo. Directement sous les ordres de la brigade française, le chef d'escadron de Pous a une mission particulière. Dès leur arrivée, les hommes du 1er RHP se sont retrouvés à surveiller et renseigner le HQ (quartier général) sur les mouvements de matériels et humains sur des positions situées à quelques centaines de mètres de la frontière du Kosovo, au nord de Kumanovo. Depuis le retrait des américains de la zone nord-est de l'ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine) des postes de surveillance ont été mis en action par le 1er RHP. Ces postes situés sur des positions hautes à 7 km de la frontière du Kosovo, permettent d'observer tous les axes routiers par lesquels l'armée serbe pourrait tenter une offensive éclair. Trois postes sont activés. Les pelotons passent des périodes de 48 heures sur zone, puis reviennent sur Airfield pendant 24 heures pour se remettre en condition. Equipés de deux VBL (véhicule blindé léger) Milan, d'un VBL SOA (sous-officier adjoint), les hommes du 1er RHP assurent aussi la protection d'un groupe RATAC. Une permanence d'observation par tranche d'une heure est effectuée avec les caméras Mira des Milan. Tout déplacement de matériel ou de personnel fait l'objet d'un compte-rendu du guetteur à son chef de peloton. Sur décision du chef de peloton, une patrouille de VBL peut être déclenchée. Cette patrouille ne peut rentrer dans un périmètre inférieur à 2 km de la frontière. Elle servira à renseigner avec plus de précision les différents mouvements dans leur secteur. Le VAB (véhicule de l'avant blindé) RATAC, quant à lui, peut détecter des mouvements de jour comme de nuit, jusqu'à 25 km.
B10 - Le 16 mai, départ d'une patrouille de VBL (Véhicule blindé léger) avec le 1er RHP (Régiment de Hussards Parachutistes) de Tarbes depuis le poste nord (côte 574) à la frontière du Kosovo près de Kumanovo. Sur décision du chef de peloton, une patrouille de VBL peut être déclenchée. Cette patrouille ne peut rentrer dans un périmètre inférieur à 2 km de la frontière. Elle servira à renseigner avec plus de précision les différents mouvements dans leur secteur.
B11 - Le 20 mai, sur le tarmac de l'aéroport de Skopje, avant de rejoindre l'aérogare le général Valentin, commandant la brigade française vient accueillir son successeur, le général Cuche arrivant de la 2e DB (Division blindée) qui à partir du 29 mai le remplacera officiellement.
Poste de tir et d'observation Mistral en configuration opérationnelle à Airfield positionné sur le toit de l'aérogare de l'aéroport de Skopje. C'est un missile sol-air d'une portée minimale de 600m et maximum de 5000m. Il est guidé par rayon laser émis par le tireur ou directement par la station radar Samanta.
B12 - Le 21 mai, prises de vues aériennes des bases françaises en ERYM (ex-republique yougoslave de Macédoine). Région de Matjece : camp du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) et PC Trans (poste de commandement des transmissions), Airfield, Karpov, HQ (quartier général) de la brigade française, zone logistique française, préparation du lancement d'un drône Crécerelle au camp de Craste, campement militaire de Kuba hôtel, camp militaire de Ludes du 1er REC (régiment étranger de cavalerie) et 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine). Camps de réfugiés de Brazda et Stenkovak.
B13 - Le 23 mai, sur le site d'Airfield sont stationnés les éléments du GIFS (groupement interarmées des forces spéciales, anciennement COS - commandement des opérations spéciales) depuis une quinzaine de jours. Composé des hommes des commandos marine Hubert, de Monfort, du 8e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine) et du CPA 10 (commandos parachutistes de l'air). Sous tentes, ces hommes ne connaissent pas la durée de leur mandat. Sur demande du commandement, leur arrivée a pour but de sécuriser les postes de garde français sujets au terrorisme local. Dans un second temps, leur mission est d'effectuer des patrouilles en P4, de jour et surtout de nuit dans le centre de Kumanovo et dans ses environs. Le contact avec la population rentre dans le cadre de leurs missions. La mission est entrecoupé de quelques séances d'entraînement de commandos héliportés, en collaboration avec l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre). Exercice de corde lisse depuis un hélicoptère Puma, qui permet d'investir une zone difficile d'accès, et de la sécuriser à l'aide de commandos.
B14 - Le 24 mai, entraînement sur Airfield du GIFS (groupement interarmées des forces spéciales, anciennement COS - commandement des opérations spéciales) avec des Super Frelon venus spécialement du Foch. L'exercice de grappe a pour but d'extraire des éléments amis d'un milieu hostile, après avoir sécurisé la zone proche avec des commandos descendus en corde lisse. Pendant que la grappe se forme et s'élève dans le ciel, un deuxième appareil, porte ouverte, assure la protection feu de la grappe, à l'aide de deux commandos armés.
B15 - Le 29 mai, le lieutenant-colonel Passedroit, le capitaine Deniau et l'adjudant-chef Vayssières devant les deux stations Horizon au sol à Pétrovec gardés par les fusiliers commandos de l'air..
Pour se renseigner, la France possède des drônes et le système "Horizon" qui vient juste d'être validé.Horizon est un système de radar de surveillance héliporté. Dans un Cougar est mise en oeuvre une technologie de pointe, qui permet grâce à un radar doppler d'envoyer des images en temps réel sur des stations d'exploitation au sol. Après un traitement informatisé les informations sont envoyées au CAOC (combined air operations centre - centre multinational d'opérations aériennes) de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) de Vicenza en Italie, le tout en moins de 2 secondes. Le but de ce système est de reconnaître tout mouvement terrestre ou aérien dans un rayon de 150 km autour de l'hélicoptère en vol. Le personnel appartenant à l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre)est renforcé par une équipe de contrôleurs de l'armée de l'air. Le lieutenant-colonel Passedroit dirige les équipes que l'OTAN sollicite souvent, leur présence étant devenue indispensable pour une bonne couverture de surveillance de la zone.
B16 - Le 9 juin, interview du général Cuche, commandant de la brigade française, par des journalistes français et macédoniens.
B17 - Le 11 juin, visite du ministre de la Défense française Alain Richard aux forces françaises stationnées à Kumanovo. Le ministre de la défense et Jean-Pierre Masseret, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, sont reçus par le général Cuche, commandant de la brigade française, ainsi que M. Bureau, chef de la DICOD. Le 3e RPIMa (Régiment de parachutistes d'infanterie de marine) stationné à Carcassonne est présent sur le site d'Airfield depuis trois jours. La veille de leur héliportage sur Gnjilane (à 20 km au sud-est de Pristina), le ministre de la Défense est venu les encourager dans leur délicate mission de sécurisation du Kosovo, afin que les réfugiés albanais puissent y revenir.
B18 - Le 12 juin a eu lieu une opération héliportée sur le Kosovo en coopération avec l'armée britannique. Dix-sept Puma de l'ALAT (Aviation légère de l'armée de terre), stationnés à Airfield près de Kumanovo, emportent à leur bord dix personnels du 3e RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine) et quelques éléments de la légion étrangère, en deux vagues espacées de trente minutes. Ces hommes vont sécuriser l'axe menant à Gnjilane (à 20 km sud-est de Pristina) au Kosovo. En effet, au sud de cette ville, les colonnes de blindés français qui sont entrées au Kosovo le matin même ont été fortement ralenties par des mines. Elles ont également rencontré une population hostile. Le décollage a eu lieu à 17 h 50. Le retour, après les dernières vagues, a eu lieu à 18 h 50. Le lendemain, les éléments héliportés vont attendre le passage des blindés du 21e RIMa (Régiment d'infanterie de marine) pour se replier en hélicoptère. Les convois routiers français ont prévu de stationner à Gnjilane pendant quelques jours avant d'aller prendre position à Titova Mitrovica (à 20 km au nord-ouest de Pristina) dès le feu vert du commandement de la KFOR (Kosovo Force).
B19 - Le 15 juin, débarquement des chars Leclerc à Thessalonique. Le TCD (Transport de chalands de débarquement) "Siroco" accoste dans le port de Thessalonique en Grèce. Après quelques problèmes avec le responsable de la zone portuaire, le TCD français peut effectuer sa livraison de 15 chars Leclerc, avec leurs porte-chars vers 17 h 00. Ces chars font partie du 2e échelon. Ils rejoindront rapidement le Kosovo, en renfort des troupes françaises. Leur sortie s'est effectuée dans l'ordre suivant : 3 chars puis 3 porte-chars, etc. Ils attendront en ZRA (zone de regroupement et d'attente) sur le port, en attendant l'ordre du départ vers l'ERYM (ex république yougoslave de Macédoine) puis le Kosovo. Ce sont des éléments du 501/503e RCC (Régiment de chars de combat.) stationnés à Mourmelon.
B20 - Le 16 juin, l'élément Guépard du 3e RPIMa (Régiment parachutiste d'infanterie de marine), stationné à Airfield (Kumanovo) est héliporté d'urgence à 10 km au sud-est de Titova Mitrovica (futur emplacement du quartier général de la brigade française de la KFOR - Kosovo Force).
En effet, la situation est très tendue entre les serbes et les albanais. La présence française a deux objectifs. Le premier est de sécuriser l'axe nord de la ville de Vucitrn par lequel les convois du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) doivent arriver pour rejoindre Mitrovica. Le deuxième est de rassurer les populations et de faire baisser la tension. Près de Vucitrn les habitants serbes fuyant le retour des réfugiés albanais incendient leurs habitations. Avec l'arrivée des forces de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), les serbes du Kosovo qui redoutent le retour des albanais préfèrent quitter leur pays en laissant leurs habitations.
B21 - Le 17 juin, OHP (opération héliportée) de militaires du RMT (régiment de marche du Tchad) depuis Airfield sur Mitrovica au Kosovo. Après 30 minutes de vol, les hommes sont débarqués dans une ancienne caserne de l'armée serbe, en centre-ville. Leur mission est de sécuriser la ville de Mitrovica. Ils appartiennent au renfort Guépard avec le 3e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine). Les militaires serbes ont encore une journée pour évacuer la zone nord du Kosovo, qui est attribuée à la brigade française. L'arrivée des troupes françaises de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), avec une journée d'avance sur le programme, était devenue essentielle en raison de la montée de la violence entre les serbes et les albanais. La force d'interposition est mise en place à la demande des plus hautes autorités militaires de l'OTAN. Les serbes du Kosovo craignant des représailles rejoignent la Serbie. Les albanais de Mitrovica sont enchantés de l'arrivée des troupes de l'OTAN et en particulier des français. Toutefois, l'entrée des forces de l'OTAN dans la ville ne les empêche pas de piller un dépôt d'aide humanitaire des ONG (organisation non gouvernementale). La manifestation bon enfant dans la rue est ponctuée par des slogans " OTAN - UCK " (Armée de libération du Kosovo). Les troupes françaises ont déjà sécurisé les principaux axes de la ville.
Après être arrivés le 15 juin en Grèce, les 15 chars Leclerc transportant 150 militaires du 501/503e RCC (Régiment de chars de combat) de Mourmelon arrivent à Mitrovica. Leur mission est de sécuriser la zone impartie à la brigade française, afin d'assurer le retour des réfugiés du Kosovo. L'entrée massive des 15 chars a aussi un but dissuasif. Les Leclerc prennent position dans les rues de Mitrovica, sur l'axe nord-sud (vers Pristina) remplaçant les AMX-10 RC des spahis. La ville de Mitrovica est complètement détruite et pillée.
B22 - Le 19 juin, différentes patrouilles du COS (commandement des opérations spéciales), du 21e RIMa (régiment d'infanterie de marine) et du 3e RPIMa (régiment parachutiste d'infanterie de marine) ont lieu dans Mitrovica.
A Mitrovica, le 21e RIMa a pris position aux intersections de la ville pour y contrôler les passages d'éléments armés. Sa mission est de sécuriser la zone et de vérifier le départ des militaires serbes. La date butoir de retrait des troupes serbes est fixée au 20 juin, selon les accords de Kumanovo (ERYM, ex-république yougoslave de Macédoine) du 9 juin 1999. Des règlements de compte entre albanais et serbes, dont certains entre maffieux, s'aggravent. Des serbes sont dépouillés, voire assassinés, lors d'actions armées non contrôlées. Des évacuations de ressortissants serbes sont conduites sous le contrôle des militaires français. Les témoignages locaux parlent d'exactions dans la ville et sa banlieue. Le COS, le 3e RPIMa, le 21e RIMa patrouillent à pied, en voiture et en hélicoptère, prêts à intervenir. Les rapports entre les habitants et les militaires français sont stables et amicaux pour l'instant.
B23 (voir aussi B12) - Le 21 juin, prises de vues aériennes en ERYM (ex-republique yougoslave de Macédoine) : campement militaire de Kuba Hôtel près de Kumanovo, de Karpov, d'Airfield, de Matjece, de Craste : préparation du lancement d'un drône Crécerelle ; camp de réfugiés de Stenkovac.
B24 - Le 22 juin, prises de vues aériennes de Mitrovica
B25 - Le 23 juin, visite d'Alain Richard, ministre de la Défense français aux troupes françaises stationnées au Kosovo, plus précisément à Mitrovica.
B26 - Le 24 juin, découverte et protection de charniers ainsi que collecte du renseignement par les militaires français. A Kronjsko (à 3 km au sud de Srbica et à 15 km au sud-ouest de Mitrovica), trois charniers sont à confirmer après les témoignages de locaux. Une équipe du 6e REG (régiment étranger du génie), du 1er REC (régiment étranger de cavalerie), des personnels du 501/503e RCC (régiment de chars de combat), deux prévôts et un médecin sont venus reconnaître les lieux. Un rapport sera fait par la prévôté, appuyé par le médecin militaire qui sera ensuite transmis au bureau du TPI (tribunal pénal international).
Les militaires ne sont pas compétents pour exhumer des corps ou faire des prélèvements. Les faits seuls seront notés sur le PV (procès verbal) des OPJ (officier de police judiciaire) français. Des traces de terre fraîchement retournée et des témoignages amèneront les militaires français à venir constater. Le TPI dépêchera ensuite des médecins légistes et des personnes assermentées pour instruire le dossier pour crimes contre l'humanité et génocide contre Slobodan Milosevic et son gouvernement.
B27 - Le 25 juin (?), mise en place de points de contrôle routiers entre deux chars AMX Leclerc au Kosovo : fouilles des véhicules civils et contrôle des piétons.
B28 - Le 26 juin, arrivée d'une délégation au QG (quartier général) de la brigade Leclerc : Sergio Vera de Mello (Brésil), représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Hakim Thaci, représentant politique UCK (Armée de libération du Kosovo) et le général Cuche, commandant de la brigade française. La délégation de l'UCK est composée de Hakim Thaci, représentant politique UCK et du général Ramon Rama.
Sergio Vera de Mello, Hakim Thaci, représentant politique UCK, le premier ministre du gouvernement provisoire du Kosovo, le représentant de l'UCK de Mitrovica et le général Thomann (représentant français) sont arrivés au QG (quartier général) de la brigade Leclerc, accueillis par le général Cuche, commandant de la brigade française, pour une réunion de travail. A la suite, Hakim Thaci a demandé à voir l'hôpital situé au nord de Mitrovica. Les autorités y ont rencontré les responsables et les infirmiers albanais.
Pendant ce temps une manifestation albanaise se forme côté sud. Les habitants albanais demandent la libre circulation dans toute la ville afin de pouvoir accéder à toutes les commodités.
B29 - Le 28 juin, dans un petit village de montagne, l'UCK (armée de libération du Kosovo) remet aux forces de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) une partie des armes lourdes de la zone. Une escorte sera mise en place pour l'acheminement des armes.
A compter du 21 juin 1999, les troupes armées de l'UCK (armée de libération du Kosovo) avaient dix jours pour restituer à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) leurs armes d'un calibre supérieur à 12,7mm. Avant la date limite, l'UCK rend des armes lourdes dans la zone française. A Vucitrn et ses environs, le colonel de Villiers, chef de corps du 501e/503e RCC (régiment de chars de combat), reçoit des mains du responsable local de l'UCK un dépôt d'armes qui sera stocké à Plana (entre Vucitrn et Mitrovica). Ces armes ont été récupérées dans les collines avoisinantes. Quelques RPG7 (lance-roquette antichar), des mitrailleuses, des lance-grenades et autres armes lourdes ont été acheminées par des militaires ou escortées jusqu'à Plana.
Les enquêteurs du TPI effectuent des fouilles sur le charnier d'Izbica. Le site des recherches est surveillé et protégé par des militaires du 501/503e RCC(régiment de chars de combat) basés à Vucitrn. A la suite d'exactions commises par les serbes, le TPI (tribunal pénal international) a été saisi. Plusieurs charniers ont été découverts par les militaires français dans leur zone. Aprés avoir rédigé puis transmis un PV (procès verbal) au TPI, les enquêteurs du tribunal, représentant plusieurs nations, font des recherches sur les conditions et les lieux des exactions, ainsi que des fouilles à la recherche de corps humains. Venu de Lyon, M. Gaillardon, commissaire de police, est volontaire pour une mission de deux mois au Kosovo. Pour les besoins de son enquête il travaille avec l'armée française. Des photos aériennes des sites avec les hélicoptères de l'ALAT (aviation légère de l'armée de terre) sont effectuées. Les militaires ont aussi à leur charge la protection des personnels du TPI pendant leur enquête.
Reportage existant aussi en argentique : voir référence 01 99 177 .
Catégories
| ECPA [établissement cinématographique et photographique des armées] (1969-2001) |
| Macédoine [ERYM] / Kosovo (KFor 1999-2000) |
| Guerres et opérations extérieures |
Informations techniques
| Nombre de clichés | 1094 |
|---|
Propriétés
| Référence | N1999-177 |
|---|---|
| Date de début | 01/05/1999 |
| Date de fin | 28/06/1999 |
| Date de prise de vue | 30/05/1999 |
| Photographe(s) | Xavier Pellizzari - |
| Date | 30/05/1999 |
| Lieu(x) | ERYM (ex-république yougoslave de Macédoine) - Europe - Grèce - Kosovo - Kraste (camp de) - Kumanovo - Mitrovica - Skopje - Stenkovac - Thessalonique - Vucitrn - |
| Personnes représentées | Jospin, Lionel - Valentin, Marcel - Cuche, Bruno - Richard, Alain - Masseret, Jean-Pierre - Thorette, Bernard - Vieira de Mello, Sergio - Thaçi, Hashim - Rama, Ramon - Thomann, Jean-Claude |