1962 : l’exode des pieds-noirs

  • Familles partant du port d'Oran pour la France, aidées par des soldats.
    • Familles partant du port d'Oran pour la France, aidées par des soldats.
    • Date de fin : 1962-04-21
    • Lieu(x) :
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R19
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    Familles partant du port d'Oran pour la France, aidées par des soldats.
  • [Hommes déménageant les affaires d'un appartement.]
    • [Hommes déménageant les affaires d'un appartement.]
    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R2
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  • Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France.
    • Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France.
    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R21
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    Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France.
  • Femmes et enfants attendant au port d'Oran le départ pour la France.
    • Femmes et enfants attendant au port d'Oran le départ pour la France.
    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R22
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    Femmes et enfants attendant au port d'Oran le départ pour la France.
  • Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R23
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    Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
  • Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R24
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    Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
  • Familles partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R25
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    Familles partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
  • Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R26
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    Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
  • Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R28
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    Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
  • Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
    • Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
    • Date de fin : 1962-04-21
    • Lieu(x) :
    • Auteur(s) :
    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R29
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    Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
  • [Hommes déménageant les affaires d'un appartement.]
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    • Date de fin : 1962-04-21
    • Lieu(x) :
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R3
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    [Hommes déménageant les affaires d'un appartement.]
  • Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
    • Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R31
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    Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Auteur(s) :
    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R32
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    Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
  • Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
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    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Auteur(s) :
    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R33
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    Femmes et enfants partant du port d'Oran pour la France, aidés par des soldats.
  • Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
    • Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
    • Date de fin : 1962-04-21
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    • Auteur(s) :
    • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
    • Référence : ALG 62-85 R34
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    Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
Attention, cette image peut heurter la sensibilité du public
Femmes et enfants attendant le départ du port d'Oran pour la France.
Attention, cette image peut heurter la sensibilité du public
[Hommes déménageant les affaires d'un appartement.]

Installés en Algérie depuis plus d’un siècle pour certains, les Français d’Algérie sont plusieurs centaines de milliers à quitter le pays à l’issue du conflit algérien en 1962, sous la menace des militants indépendantistes. Privés de leurs biens, déracinés mais sains et saufs, ils tentent de reconstruire leur vie en métropole, loin de la violence.


Des Français d’Algérie aux « pieds-noirs »

[Algérie, 1954-1962.]
  • [Algérie, 1954-1962.]
  • Date de fin : 1962-12-31
  • Lieu(x) : Algérie
  • Auteur(s) :
  • Origine : Vignal, Claude
  • Référence : D0370-024-001-0027
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Note : le négatif photographique a été numérisé à l'envers dans le sens gauche-droite.A son entrée dans les collections de l'ECPAD, le négatif était conditio...


Attirés par les opportunités offertes par le territoire algérien – dont l’État français, soucieux de créer une colonie de peuplement, vante abondamment les mérites –, de nombreux colons européens s’installent en Algérie à partir des années 1830. Quelques milliers au début de la conquête française, ils sont plus de 580 000 à l’aube du XXe siècle et près de 1,2 million lorsqu’éclate la guerre d’Algérie. De nationalité française mais également espagnole, italienne, maltaise, suisse et allemande, ils fuient la misère ou espèrent simplement trouver une vie meilleure dans cet Eldorado maghrébin. Grâce à la loi de 1889, un nombre grandissant d’immigrants étrangers et de leurs enfants obtiennent la nationalité française.


D’origines sociales diverses, les Français et Européens d’Algérie forment une communauté à part entière qui vit généralement dans des quartiers voire des villages séparés des populations locales. Ils se mélangent rarement avec ceux qu’on appelle « arabes », « musulmans » ou « indigènes », qui ne bénéficient pas des mêmes droits qu’eux. Les mariages mixtes, interdits par la loi coranique et souvent mal perçus des deux côtés, sont très rares.


Ce n’est qu’à partir de la guerre d’Algérie que les Français et Européens d’Algérie commencent à être qualifiés de « pieds-noirs » par les Français de la métropole. L’origine de cette expression reste mystérieuse, aucune interprétation n’étant pleinement satisfaisante. Selon certains, elle renverrait aux pieds noircis des colons qui foulent la vigne au pied, à leurs chaussures foncées qui contrastent avec les babouches claires des berbères, ou bien encore à la couleur des pieds des indigènes qui marchent pieds-nus. Pour d’autres, l’expression aurait été empruntée par des Français du Maroc aux tribus autochtones d’Amérique du Nord (Confédération des Pieds-Noirs) et qui l’auraient ensuite popularisée en Algérie. Quelle que soit l’interprétation que l’on privilégie, la diffusion de l’expression « pieds-noirs », à connotation fortement péjorative, marque un tournant pour ceux qu’elle désigne.


L’Algérie française menacée

Discours du général de Gaulle au balcon du palais du gouvernement général à Alger.
  • Discours du général de Gaulle au balcon du palais du gouvernement général à Alger.
  • Date de fin : 1958-06-04
  • Lieu(x) :
  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 58-34RC RC11
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A côté du général de Gaullen on aperçoit le général Raoul Salan, délégué général du gouvernement en Algérie et commandant en chef.

S’ils ne font pas tous « suer le burnous » contrairement aux accusations que certains métropolitains colportent, les Français d’Algérie mènent une vie plutôt paisible avant le début du conflit. L’insurrection armée menée par les indépendantistes du Front de Libération Nationale (FLN) modifient peu à peu les rapports de force, les habitant d’origine européenne devenant progressivement persona non grata au fur et à mesure que le conflit empire et que les victimes s’amoncèlent dans chaque camp. La cohabitation des deux communautés s’apprête à voler en éclats.


Malgré l’augmentation des tensions communautaires, ceux qu’on commence à appeler les pieds-noirs continuent de croire à l’Algérie française. Le discours du général de Gaulle du 4 juin 1958 est accueilli avec un certain soulagement par la communauté française. L’ambiguïté de certains passages, dont le célèbre « Je vous ai compris », est levée quelques jours plus tard à Mostaganem lorsque « l'homme du 18 juin » crie « Vive l’Algérie française ». Un an plus tard, la déception est d’autant plus grande quand de Gaulle ouvre la voie à l’indépendance de l’Algérie en proclamant le droit des Algériens à l'autodétermination. Profondément attachés à l’Algérie française qu’ils considèrent comme leur patrie, de nombreux pieds-noirs s’inquiètent de l’avenir de leur pays, qu’ils ne peuvent se résoudre à perdre.

La signature des Accords d’Évian, le 18 mars 1962, est vécue comme un coup de massue par la population française d’Algérie. La guerre d’Algérie est officiellement terminée, et avec elle s’évanouit le rêve de l’Algérie française. Malgré des dispositions concernant les pieds-noirs prévues dans les accords – respect des biens et des personnes –, une nouvelle période de doutes s’ouvre pour les populations européennes. Depuis le début de la guerre, environ 150 000 Français ont déjà fui le pays. D’autres commencent à y réfléchir sérieusement.


« La valise ou le cercueil » : une violence quotidienne devenue invivable

Attentat à Sétif le 5 septembre 1956 à 10H30.
  • Attentat à Sétif le 5 septembre 1956 à 10H30.
  • Date de fin : 1956-09-05
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  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 56-234 R2
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Deux des trois blessés graves allongés sur le trottoir. Au centre, un jeune homme, accroupi, tient la main de l'un des blessés et fixe le photographe au mome...

Censés mettre fin aux hostilités, les Accords d’Évian provoquent une recrudescence de la violence du côté des pro- comme des anti-indépendance. Le Front de Libération Nationale (FLN) et l’Organisation Armée Secrète (OAS) multiplient les attentats, prolongeant le climat de terreur instauré au fil du conflit. En état d’alerte et sous pression, l’armée française n’hésite pas à faire usage de la force, y compris contre les Français, provoquant parfois des drames. Une cinquantaine de Français trouvent la mort le 26 mars 1962 dans la rue d’Isly à Alger lors d’une manifestation de soutien à l’Algérie française, tombant sous le feu des fusils de leur propre armée.


Le climat ne cesse de se dégrader pour la population française, qui est de plus en plus menacée par les activistes indépendantistes. Certains reçoivent des tracts qui ne laissent aucun doute sur l’intention de leurs auteurs : « la valise ou le cercueil ». Les menaces sont parfois mises à exécution. Plusieurs centaines de Français sont victimes d’enlèvements, d’assassinats et d’exécutions sommaires. Dans un rapport remis en 2006 à la Mission interministérielle aux rapatriés (MIR), le général Maurice Faivre avance le chiffre de 2 230 Français disparus en 1962.


[Inscription faisant référence à l'organisation armée secrète (OAS).]
  • [Inscription faisant référence à l'organisation armée secrète (OAS).]
  • Date de fin : 1962-04-21
  • Lieu(x) :
  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 62-85 R9
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L'organisation armée secrète (OAS) est dirigée par les généraux d'armée Edmond Jouhaud et Raoul Salan et créée suite au putsch d'Alger du 21 avril 1961.Edmon...

Ce déferlement de violence connaît son apogée le 5 juillet 1962, date de la proclamation officielle de l’indépendance de l’Algérie, quelques jours après la victoire du « oui » lors du référendum d’autodétermination. Les manifestations de joie à Oran tournent à l’émeute : de nombreux pieds-noirs, ainsi que des Algériens pro-Français, sont pris pour cible. Plusieurs quartiers européens sont mis à feu et à sang par la foule. Celle-ci se livre à de sauvages exactions contre les Français qui sont lynchés, égorgés, pendus et brûlés vifs. Prévenus par leurs voisins algériens, certains échappent au massacre. Il faut attendre plusieurs heures avant que les soldats français n’interviennent, bien trop tard. Les pieds-noirs ont le sentiment d’avoir été complètement abandonnés par les autorités françaises. Craignant pour leur vie, ils ne voient plus d’autre choix que celui du départ.


À lire ensuite : Les Accords d’Évian, l’Algérie sur la voie de la paix

L’exode massif vers la métropole

Population civile partant du port d'Oran pour la France.
  • Population civile partant du port d'Oran pour la France.
  • Date de fin : 1962-04-21
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  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 62-85 R30
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Depuis le début de la guerre en 1954, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont déjà fui l’Algérie. Mais ce n’est rien comparé à l’exode massif qui suit les Accords d’Évian. Début 1962, plus d’un million de Français vivent en Algérie ; un an plus tard, ils ne sont plus que 200 000. Les départs augmentent à partir de la signature des accords de paix et atteignent un pic à la fin du printemps. 450 000 Français quittent l’Algérie en mai et juin, à un rythme allant parfois jusqu’à 10 000 par jour.


Le départ est souvent compliqué pour les Français. Certains tentent de vendre leur bien immobilier, en vain. Ils réunissent leurs affaires comme ils peuvent dans des valises, difficiles à trouver à cause de la demande, ou dans des baluchons de fortune. Les plus chanceux peuvent emmener avec eux quelques meubles de valeur ; d’autres, moins privilégiés, n’ont même pas droit à un sac. En effet, afin de ne pas éveiller les soupçons de la population locale, qui peut se montrer très dangereuse, les départs doivent se faire dans la plus grande discrétion. Certains Français doivent même se cacher pour rejoindre le port d’où ils traverseront ensuite la Méditerranée. Les pieds-noirs qui décident de quitter l’Algérie vivent dans l’incertitude la plus complète : ils doivent souvent attendre plusieurs jours avant de pouvoir partir, et ne sont parfois prévenus qu’à la dernière minute par les militaires. Refusant que leurs biens soient récupérés par les Algériens, certains Français préfèrent les brûler avant de partir.


Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
  • Soldats transportant des bagages sur le quai d'Oran.
  • Date de fin : 1962-04-21
  • Lieu(x) :
  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 62-85 R23
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C’est le cœur gros que les pieds-noirs arrivent en France métropolitaine, comme le montrent les photographies prises à l’époque. La plupart d’entre eux ont tout perdu en quittant l’Algérie : leurs biens, leur patrie et leur identité. Ils espèrent retrouver en métropole, où la plupart n’a jamais mis les pieds, la stabilité et le confort qu’ils ont connus sur les rives méditerranéennes. Mais leur arrivée sur le vieux continent est plus complexe qu’ils ne l’avaient imaginée. Tenus pour responsables de la guerre et des nombreux morts qu’elle a causés, les pieds-noirs ne sont en effet pas toujours bien reçus par la population.


Dans le port de Marseille, principal point d’arrivée des Français « rapatriés », les Français rapatriés sont accueillis par la CGT avec des pancartes peu explicites : « Pieds-noirs, rentrez chez vous. » Un discours largement partagé par les habitants, dont le maire de la ville, Gaston Defferre, qui invite les pieds-noirs à aller « se réadapter ailleurs ». De nombreuses valises sont volées tandis que certains dockers et grutiers trempent volontairement les containers dans l’eau afin d’abîmer les meubles qu’ils contiennent. De nombreux professionnels profitent également de la situation, tels les chauffeurs de taxi et les hôteliers qui gonflent leurs prix à outrance.

Une mémoire douloureuse

Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
  • Enfant avec un landeau attendant au port d'Oran le départ pour la France.
  • Date de fin : 1962-04-21
  • Lieu(x) :
  • Auteur(s) :
  • Origine : SCA/Algérie (service cinématographique des armées en Algérie)
  • Référence : ALG 62-85 R31
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Face à l’afflux des Français d’Algérie, les pouvoirs publics sont complètement dépassés. À Marseille, les files d’attente sont interminables devant le centre d’accueil. Faute de place, seule une petite partie des rapatriés se voit offrir un logement ; les autres doivent se débrouiller ou compter sur la solidarité des habitants ou des associations caritatives. Pour leur venir en aide, l’État met en place une politique d’intégration non négligeable : priorité pour les nouveaux logements, versement d’aides en tout genre et accompagnement pour trouver du travail. Ces mesures ne sont pas sans provoquer une certaine jalousie parmi le reste de la population, ce qui alimente une forme de rancœur à l’égard des rapatriés.


Sur les quelques 450 000 pieds-noirs arrivés à Marseille en 1962, environ 120 000 décident de rester dans la cité phocéenne. Leur présence sera à l’origine d’un ambitieux programme immobilier. Les autres partent s’installer ailleurs : ils sont répartis sur le territoire, parfois baladés de ville en ville avant de trouver leur point de chute. Partageant à peu de choses près la même culture que les métropolitains, les pieds-noirs n’ont pas trop de difficultés à s’intégrer dans la société française, à condition de rester discret sur leur identité.Soixante ans après le départ d’Algérie, les pieds-noirs parlent toujours peu de leur expérience.


Si certains « nostalgériques » – néologisme résultant de la contraction des mots nostalgique et Algérie – sont retournés en Algérie depuis leur exode, beaucoup ont définitivement tourné la page de cet épisode douloureux. Quant au nombre de pieds-noirs restés en Algérie, il n’a cessé de diminuer au fil du temps. Environ 50 000 dans les années 1970, ils ne seraient plus que quelques milliers en ce début de XXIe siècle, beaucoup ayant fui le pays pendant la « décennie noire » des années 1990, durant laquelle des groupes islamistes s’opposèrent au gouvernement algérien.


Maxime Grandgeorge


Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la guerre d'Algérie et l'exode des pieds-noirs, découvrez dans notre boutique le livre :


Découvrez également C'était la guerre d'Algérie, la série documentaire coproduite par France Télévisions et l'ECPAD.

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